Publié le 4 juin 2026, mis à jour le 26 septembre 2026

Apnée du sommeil et risques cardiovasculaires

L'apnée du sommeil n'est pas qu'une affaire de fatigue et de ronflements. Lorsqu'elle n'est pas traitée, elle exerce une contrainte répétée sur le cœur et les vaisseaux, et elle est associée à un risque accru d'hypertension, de troubles du rythme, d'accident vasculaire cérébral et d'infarctus. Comprendre ce lien aide à savoir quand en parler à son médecin.

Pourquoi l'apnée du sommeil fatigue le cœur

Au cours d'une apnée, la respiration s'interrompt plusieurs dizaines de secondes, parfois des dizaines de fois par heure. Trois mécanismes principaux mettent alors le système cardiovasculaire à l'épreuve :

  • La baisse répétée de l'oxygène (hypoxie intermittente) : à chaque pause, le taux d'oxygène dans le sang chute puis remonte, créant un stress pour les artères.
  • Les micro-éveils : pour reprendre sa respiration, le cerveau provoque de brefs réveils qui fragmentent le sommeil et activent l'organisme.
  • L'emballement du système nerveux : ces épisodes stimulent le système sympathique (celui du stress), ce qui fait monter la tension et accélère le cœur, y compris la nuit où il devrait se reposer.

Répétée nuit après nuit, cette sollicitation favorise l'inflammation des vaisseaux et l'élévation de la pression artérielle.

Hypertension artérielle

C'est l'association la mieux établie. L'apnée du sommeil est une cause fréquente d'hypertension, en particulier d'hypertension résistante (difficile à contrôler malgré plusieurs médicaments) et d'hypertension qui ne baisse pas la nuit. Chez une personne dont la tension est difficile à équilibrer, rechercher une apnée du sommeil est souvent pertinent : son traitement peut faciliter le contrôle tensionnel.

Troubles du rythme cardiaque

L'apnée du sommeil est associée à un risque accru de troubles du rythme, notamment la fibrillation atriale. Les variations d'oxygène et l'activation nerveuse nocturne peuvent déclencher ou entretenir ces arythmies. Lorsqu'une apnée est présente et non traitée, le risque de récidive de certaines arythmies après traitement cardiologique est plus élevé.

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Plusieurs études ont montré un lien entre apnée du sommeil et risque accru d'AVC. L'hypertension, les arythmies et les contraintes exercées sur les vaisseaux concourent à ce sur-risque. L'apnée est par ailleurs fréquente après un AVC, et sa prise en charge fait partie d'un suivi attentif.

Maladie coronarienne et infarctus

L'apnée du sommeil est associée à un risque accru de maladie coronarienne et d'infarctus du myocarde. Le stress cardiovasculaire répété et l'inflammation des artères participent à l'évolution de l'athérosclérose.

Diabète et syndrome métabolique

Au-delà du cœur, l'apnée du sommeil est liée à une moins bonne régulation du sucre dans le sang et au diabète de type 2. Apnée, surpoids et diabète s'entretiennent souvent mutuellement, formant un cercle qu'il est utile de briser.

Si vous ronflez, êtes fatigué(e) dans la journée ou avez une hypertension, le questionnaire de Berlin permet d'estimer le risque d'apnée du sommeil ; son résultat est à montrer à votre médecin.

Ce que le traitement améliore

Le traitement par pression positive continue (PPC), lorsqu'il est indiqué et utilisé chaque nuit, améliore la qualité du sommeil et la somnolence, et peut faciliter le contrôle de la tension artérielle. Les essais n'ont pas démontré à ce jour qu'il réduise la survenue d'infarctus ou d'AVC. Associé aux mesures hygiéno-diététiques (perte de poids, arrêt de l'alcool le soir et du tabac), il s'inscrit dans une prise en charge globale de la santé cardiovasculaire.

Quand en parler à son médecin ?

Il est utile d'en parler à son médecin en cas de ronflements importants, de pauses respiratoires constatées par l'entourage, ou de fatigue et de somnolence dans la journée, en particulier si l'on a par ailleurs :

  • une hypertension artérielle, surtout si elle est difficile à équilibrer ;
  • un trouble du rythme comme la fibrillation atriale ;
  • un antécédent d'AVC ou de maladie coronarienne ;
  • un diabète de type 2 ou un surpoids.

Le diagnostic repose sur un examen du sommeil. La polygraphie ventilatoire, réalisée à domicile, permet de confirmer l'apnée et d'en mesurer la sévérité.

À L'Estaque (Marseille 16e), la polygraphie ventilatoire se fait au cabinet du Dr Salles sur ordonnance de votre médecin traitant, ou après une consultation.

Téléphone : 04 88 92 69 31

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptôme cardiaque aigu (douleur thoracique, malaise), composez le 15.

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